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Juillet 2008: Approches sectorielles du Développement Durable

Le concept « Penser Global, Agir Local » bien connu des initiés du Développement Durable nous invite à nous pencher sur les pratiques opérationnelles des entreprises et des différents secteurs d’activités de nos économies. Quels sont les secteurs qui ont une vision réellement globale de leurs responsabilités sociales et environnementales ? Quels sont ceux qui agissent réellement ? Au-delà des opérations de communication et rapports d’apparats, quelles sont les pratiques réelles des entreprises et la démarche générale dans laquelle elles s’inscrivent ?

Une série d’études sectorielles réalisées par EET permettent de répondre à toutes ces questions.

On y découvre par exemple que le secteur du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration a une gestion très éclatée des problématiques de Développement Durable. 55% des entreprises sont peu avancées dans la prise de conscience de leurs responsabilités sociales et environnementales (quelques actions dispersées mises en place par des responsables de départements mais pas d’approche d’entreprise), 45% sont plutôt dans une démarche de communication (elles communiquent fortement mais les quelques actions menées le sont en s’assurant du moins de contraintes et de dépenses possibles) et 5% seulement semblent s’investir à plein sur ces sujets en les considérant comme cruciaux sur le long terme et en ayant donc une stratégie d’entreprise durable (rentable, vivable, équitable). Par ailleurs, toujours dans le même secteur, on s’aperçoit qu’aucune entreprise n’indique de résultats chiffrés ou d’analyse sur l’adéquation de leur performance avec leurs engagements ou non engagement en matière de Développement Durable. Le sujet ne semble donc pas encore être considéré comme un des paramètres de compétitivité ou en tous les cas les pratiques classiques d’entreprise (analyse quantitative, culture du résultat) ne semblent pas encore appliquées pour les opérations Développement Durable.

Dans un autre secteur, celui des Institutions de Prévoyance, nous nous apercevons que 83% des acteurs n’ont aucune communication structurée en matière de Développement Durable (ni rapport, ni programme ni charte). Elles sont par contre 50% à financer des actions caritatives mais seulement 22% à avoir une démarche (même minimaliste) en matière d’Investissement Socialement Responsable. Le Développement Durable serait-il perçu par ce secteur comme déjà couvert par le positionnement naturellement socialement solidaire des institutions ? Les problématiques de changement climatique et d’environnement ont-elles considérées et prises en compte ou perçues comme en dehors de la responsabilité du secteur ? Enfin, y a-t-il eu des analyses réalisées sur le cout et la rentabilisation possible d’actions concrètes dans le secteur ?

Le secteur de l’Assurance semble plus avance en matière de structuration de ces démarches Développement Durable : 67% des entreprises publient un rapport ou une charte et 75% de celles qui publient un rapport suivent les principes du Global Reporting Initiative (GRI). Les entreprises du secteur sont avancées sur le pilier social mais très peu sur le pilier environnemental (notamment en France). On peut par ailleurs constater que malgré cette structuration assez avancées des rapports et publications (prise de conscience) sur le sujet du Développement Durable, les actions et les sommes investies dans le domaine sont pour l’instant très faibles.

Pour conclure, il nous semble que dans un contexte de mondialisation et de concurrence exacerbée, la responsabilisation sociale et environnementale des entreprises doit contribuer à leur viabilité économique de long terme. La profitabilité est en effet une composante indispensable de la durabilité. C’est pourquoi un programme de Développement Durable doit associer des actions de court terme et de long terme. Il doit aussi et surtout être intégré dans les processus quotidiens de l’entité concernée, permettant une appropriation consensuelle par les acteurs de terrain et la découverte/l’obtention progressive de profits grâce aux optimisations ou avantages concurrentiels obtenus. Considérant que la majeure partie des gains par avantages concurrentiels seront réservés aux premiers entrants ou aux spécialistes (pure players) dans chaque secteur d’activité, les études réalisées par EET définissent des classements « Best In Class », « Suiveurs » et « Retardataires ». Il est intéressant de noter que sur quasiment l’ensemble des secteurs 1 ou 2 sociétés seulement sont classées « Best In Class » et que la majorité des entreprises se situent plutôt en « Retardataires ». Il reste donc encore des places pour profiter d’un positionnement d’acteur « responsable », « vert » ou « engagé ». Les 3 à 5 prochaines années verront donc certainement le peloton de tête s’étoffer. Il sera ensuite beaucoup plus difficile pour les « Suiveurs » de rentabiliser leurs actions qui deviendront par contre une obligation soit légale soit considérée par leurs clients comme partie prenante de l’offre sectorielle. A suivre donc…

Pour plus d'information: info@eet-invest.com

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